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    <TITLE>BASHO</TITLE>
  </HEAD>
  <BODY BGCOLOR="#FFCC66">     <center><BLOCKQUOTE><FONT SIZE=5 COLOR="#ffffff"><B>Cet article a &eacute;t&eacute originellement &eacute;crit pour la communication au colloque Yourcenar organis&eacute par Ana Medeiros en &eacute;t&eacute 1997, &agrave Kent University at Canterbury, Angleterre. Puis il a &eacute;t&eacute publi&eacute dans les actes du colloque <I>Ecritures de l'exil</I>(Acad&eacute;mia Bruylant). La mise en page est l&eacute;g&egrave;rement modifi&eacute;e.<BR><BR>Les chiffres en bleu renvoient aux notes de la fin du texte.<BR><BR>La liste des haiku de Basho auxquels Yourcenar fait r&eacute;f&eacute;rence dans son article, pr&eacute;sent&eacute;e lors de la communication, mais non publi&eacute;e se trouve </B><A HREF="basho-annex.html"><B>ici.</B></A></FONT>     </BLOCKQUOTE></center>
  <HR><BR>    <CENTER><FONT SIZE=7 COLOR="#187534">Marguerite Youcenar sur <CITE>La Sente Etroite du Bout-du-Monde</CITE> de Bash&ocirc; Matsuo</FONT><FONT SIZE=6 COLOR="#0000FF">*</FONT></CENTER>
 
    <BR><BR><BR><CENTER><FONT SIZE=6 COLOR="#187534">par Osamu Hayashi</FONT></CENTER>
<BR><BR><BR>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Nous connaissons bien l'int&eacute;r&ecirc;t de Marguerite Yourcenar pour la litt&eacute;rature japonaise. Deux &eacute;crivains en particulier ont marqu&eacute; sa vie litt&eacute;raire: Murasaki-shikibu, l'auteur du<CITE> Dit du Genji (Genji monogatari)</CITE>, qui a inspir&eacute; &agrave; Yourcenar la nouvelle <CITE>Le Dernier Amour du Prince Genghi</CITE>
</STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">1</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>
, et Yukio Mishima sur qui elle a &eacute;crit l'essai <CITE>Mishima ou la Vision du Vide</CITE>.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Le troisi&egrave;me &eacute;crivain serait Bash&ocirc; Matsuo (1644-1694), po&egrave;te de ha&iuml;ku de la fin du dix-septi&egrave;me si&egrave;cle. Yourcenar a fait preuve de son int&eacute;r&ecirc;t pour Bash&ocirc; pendant son s&eacute;jour au Japon en 1982. D'abord par le voyage en hommage &agrave; son souvenir. Avec ses deux compagnons de route, Jerry Wilson et Tsutomu Iwasaki, Yourcenar a voyag&eacute; pendant quatre jours dans les provinces du Nord. C'&eacute;tait un voyage, d'apr&egrave;s les dires de Monsieur Iwasaki, que Yourcenar a elle-m&ecirc;me souhait&eacute;; elle a souhait&eacute; retracer, m&ecirc;me partiellement, le voyage de Bash&ocirc;, voyage qu'il raconte dans <CITE>La sente &eacute;troite du bout-du-monde</CITE>
</STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">2</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>. Puis, par la r&eacute;daction de l'article "Basho sur la Route"</STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">3</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>
, recueilli dans son ouvrage posthume <CITE>Le Tour de la Prison</CITE>.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    D'o&ugrave; vient tant d'int&eacute;r&ecirc;t pour Bash&ocirc;? Nous ne savons ni quand ni comment Yourcenar a d&eacute;couvert ce po&egrave;te japonais.
</STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">4</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG> Dans la pr&eacute;sente &eacute;tude, nous tenterons d'entrevoir Bash&ocirc; &agrave; la lumi&egrave;re yourcenarienne, afin de mieux comprendre la sympathie entre ces deux artistes pourtant s&eacute;par&eacute;s l'un de l'autre dans le temps et dans l'espace. Et, pour ce faire, nous allons partir de la notion-cl&eacute; de notre rencontre: l'exil.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    C'est en 1689, &agrave; l'&acirc;ge de quarante-cinq ans, que Bash&ocirc; entreprend le voyage de <CITE>La sente &eacute;troite du bout-du-monde</CITE>. Le voyage commence justement sous le signe de l'exil. &Agrave; la premi&egrave;re page de La sente &eacute;troite, le po&egrave;te d&eacute;crit son d&eacute;part: </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <BLOCKQUOTE>
      <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>[&Agrave;] l'heure o&ugrave; le ciel vaguement s'&eacute;claire d'une brumeuse lueur (akebono non sora r&ocirc;r&ocirc; to shite), dans la clart&eacute; &eacute;vanescente du croissant de lune d&eacute;clinant (tsuki wa ariake nite),  la cime du Fuji obscur&eacute;ment (kasuka ni) se devine, les rameaux fleuris (hana no kozue) d'U&eacute;no, de Yatani, quelque jour de nouveau...? me dis-je et mon coeur se serre. Tout ce que je compte d'amis chers, d&egrave;s hier soir assembl&eacute;s, avec moi embarqu&eacute;s m'escortent. Au lieu dit Senju je quitte la barque et d&egrave;s lors, la pens&eacute;e des trois mille lieues (san zen ri) de route qui m'attendent envahit mon coeur, au carrefour des illusions nous r&eacute;pandons les larmes de la s&eacute;paration.</CITE></STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">5</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>  </CITE></STRONG></FONT></P>
      </BLOCKQUOTE>
    <P>&nbsp;</P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>Ici Bash&ocirc; fait r&eacute;f&eacute;rence au <CITE>Dit du Genji</CITE> de Murasaki-shikibu, plus pr&eacute;cis&eacute;ment au chapitre "Suma", le fameux chapitre o&ugrave; le prince Genji part en exil:</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <BLOCKQUOTE>
      <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>La lune, tard lev&eacute;e, donnait une plaisante clart&eacute;. (akenukereba, yoru fukaku idetam&ocirc;ni, ariake no tsuki ito okashi.)  Les arbres fleuris (hana no ki domo) avaient de peu d&eacute;pass&eacute; l'heure de leur splendeur et, sur le jardin tout blanc sous leur ombre clairsem&eacute;e, flottait un l&eacute;ger brouillard (sokohakatonaku kasumi aite) /.../.</CITE></STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">6</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE> </CITE></STRONG></FONT></P>
      </BLOCKQUOTE>
    <P>&nbsp;</P>
    <BLOCKQUOTE>
      <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>Il se retourna et vit /.../ les montagnes, au loin, couvertes de brume (kasumi); il comprit alors ce que signifiait, en v&eacute;rit&eacute;, "par-del&agrave; trois mille lieues (san zen ri)"/.../. </CITE></STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">7</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE></CITE></STRONG></FONT></P>
      </BLOCKQUOTE>
    <P>&nbsp;</P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>Par la comparaison de son voyage &agrave; l'exil de Genji, il insiste ainsi, non seulement sur la tristesse du d&eacute;part et de la s&eacute;paration, mais encore sur le besoin, plus que le d&eacute;sir, du voyage, qui, chez lui, &eacute;tait &eacute;troitement li&eacute; &agrave; un projet artistique. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Il n'est pas &eacute;tonnant que Yourcenar a reconnu chez Bash&ocirc; l'image, par exemple, de Z&eacute;non de<CITE> L'Oeuvre au noir</CITE>. Certes, Bash&ocirc; n'&eacute;tait pas un grand voyageur comme Z&eacute;non. Mais, tout comme cet alchimiste occidental, le po&egrave;te japonais a voyag&eacute; pour l'accomplissement de son art et il voyait dans le voyage une mission artistique. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Pour comprendre cette mission, nous allons nous attarder sur la retraite que Bash&ocirc; a entreprise en 1680, quatre ans avant son premier voyage. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Alors qu'il &eacute;tait d&eacute;j&agrave; ma&icirc;tre c&eacute;l&egrave;bre de ha&iuml;ku &agrave; &Eacute;do (= Tokyo), il choisit ainsi d'abandonner sa carri&egrave;re professionnelle pour s'installer dans une maison de banlieue qu'il nomme "Ermitage au bananier (Bash&ocirc;-an)". Il &eacute;prouvait le besoin de s'&eacute;loigner du "monde vulgaire" des bourgeois et des samoura&iuml;s, o&ugrave; le ha&iuml;ku n'&eacute;tait plus consid&eacute;r&eacute; comme un art, mais comme un simple divertissement. Son exil volontaire &eacute;tait par ailleurs inspir&eacute; du d&eacute;sir de se distinguer du monde litt&eacute;raire domin&eacute;, &agrave; l'&eacute;poque, par le ma&icirc;tre S&ocirc;&iuml;n Nishiyama (1605-1682) et son &eacute;cole Danrin. La caract&eacute;ristique de cette &eacute;cole consistait en la poursuite de la fantaisie, sinon du fantasque, par le traitement non moins fantaisiste des mots et du style. Bien qu'il ait &eacute;t&eacute; influenc&eacute; par l'&eacute;cole Danrin, Bash&ocirc; ressentait la n&eacute;cessit&eacute; de sortir son art de la simple recherche des effets superficiels et de vivre l'art pour l'art, vivre, selon son expression, la "Voie de l'&eacute;l&eacute;gance (f&ucirc;ga no michi)". </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Dans l'un de ses &eacute;crits, Bash&ocirc; r&eacute;sume son principe de vie en cette formule: "Ne suivre aucune loi religieuse, ni n'observer aucune coutume populaire"</STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">8</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>. En tant que signe pr&eacute;curseur du voyage, la retraite &eacute;tait d&eacute;j&agrave; une forme d'exil artistique, c'est-&agrave;-dire, de lib&eacute;ration de l'art et de la vie, d'une coutume, d'un pr&eacute;jug&eacute; ou d'une id&eacute;ologie du monde populaire.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    L&agrave; o&ugrave; Bash&ocirc; pense &agrave; l'exil, Yourcenar pense au "tour de la prison". Tout le monde conna&icirc;t cette fameuse phrase de Z&eacute;non: "Qui serait assez insens&eacute; pour mourir sans avoir fait au moins le tour de sa prison?" L'expression prison fait penser &agrave; l'enfermement, la claustration, la contrainte... toutes ces notions qui sont contraires &agrave; la libert&eacute; que symbolise un grand voyage. Pourtant nous savons -- et nous croyons que Yourcenar en &eacute;tait bien consciente -- que, pour faire le tour de la prison, il faut &ecirc;tre sorti de la cellule. En ce sens, la prison offre un espace de libert&eacute;, certes conditionnelle, mais au moins plus grande que la cellule. (S'il y a une ironie dans L'Oeuvre au noir, c'est que Z&eacute;non, qui a tent&eacute; toute sa vie de faire le tour de sa prison, termine sa vie dans une petite cellule de Bruges...) </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Selon Yourcenar, le voyage de Z&eacute;non &eacute;tait une exp&eacute;rience non seulement spatiale, mais aussi temporelle. Elle dit que l'un de ses buts &eacute;tait la "recherche passionn&eacute;e de tous les modes de la connaissance -- pour lui surtout m&eacute;taphysique et alchimique -- que les si&egrave;cles ont accumul&eacute;e sur certains points du monde plus qu'ailleurs&quot;</STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">9</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>. Pour Bash&ocirc; aussi, sa retraite ainsi que ses voyages -- surtout celui de La sente &eacute;troite -- &eacute;taient un exil &agrave; la fois dans l'espace et dans le temps.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Il faut savoir que la retraite et les voyages de Bash&ocirc; &eacute;taient constamment sous-tendus par l'amour pour d'anciens po&egrave;tes. Pour rendre au ha&iuml;ku son ancien statut en tant qu'art, le po&egrave;te se tournait vers d'anciens po&egrave;tes chinois et japonais. On dit que c'est &agrave; l'exemple des po&egrave;tes chinois qu'il a choisi la retraite. On dit aussi qu'il a entrepris le voyage de <CITE>La Sente &eacute;troite</CITE> pour f&ecirc;ter la cinq-centi&egrave;me anniversaire de la mort du po&egrave;te japonais Sa&iuml;gy&ocirc; (1118-1190). En effet, le trajet du voyage s'organisait autour des lieux et des sites jadis c&eacute;l&eacute;br&eacute;s par Sa&iuml;gy&ocirc; et d'autres po&egrave;tes.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Ici le voyage de Bash&ocirc; rejoint le voyage de Yourcenar. Comme Yourcenar a cherch&eacute; sur La sente &eacute;troite du Japon la trace de Bash&ocirc;, Bash&ocirc; a cherch&eacute; dans son voyage la trace de ses anciens. Ce qu'ils cherchaient chacun dans leur voyage n'&eacute;tait pas du simple mim&eacute;tisme. Leur but &eacute;tait d'entrer en contact avec les &acirc;mes des anciens et d'affirmer dans ce contact leur propre identit&eacute; en tant qu'artiste.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Citons ici les premi&egrave;res phrases de La sente &eacute;troite, les m&ecirc;mes phrases que Yourcenar cite au d&eacute;but de son article, dans sa propre traduction de l'anglais: </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <BLOCKQUOTE>
      <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>Le jour et la nuit sont les voyageurs de l'&eacute;ternit&eacute;... Ceux qui pilotent un bac ou m&egrave;nent tous les jours leur cheval aux champs jusqu'&agrave; ce qu'ils succombent sous la vieillesse voyagent aussi continuellement. Bien des hommes de l'ancien temps sont morts sur les routes. J'ai &eacute;t&eacute; tent&eacute; &agrave; mon tour par le vent qui d&eacute;place les nuages, et pris du d&eacute;sir de voyager aussi.</CITE></STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">10</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE></CITE></STRONG></FONT></P>
      </BLOCKQUOTE>
    <P>&nbsp;</P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>Ces "hommes de l'ancien temps" sont des po&egrave;tes chinois comme Li Bai (701-762) et Du Fu (712-770), et japonais comme Sa&iuml;gy&ocirc; et S&ocirc;gi (1421-1502), tous morts en voyage. Par le voyage, Bash&ocirc; voulait partager leur sort, et Yourcenar celui de Bash&ocirc;. Ce n'est pas qu'ils voulaient mourir sur la route. Mais, comme les anciens po&egrave;tes l'avaient fait, ils d&eacute;siraient vivre comme le "jour et la nuit" et rejoindre leur changement perp&eacute;tuel. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Pour Bash&ocirc;, le changement perp&eacute;tuel est le principe fondamental de l'univers. La vie dans ce principe est la vie la plus pure d'o&ugrave; na&icirc;tra l'art le plus pur. Et cette vie, c'est le voyage seul qui permettra de la vivre. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Rappelons-nous ici le titre que Yourcenar a donn&eacute; &agrave; son recueil de trois r&eacute;cits: Comme l'Eau qui Coule. Ce titre qui transcrit la m&eacute;taphore de l'univers et de la vie humaine continuellement changeantes, nous rappelle -- au moins aux lecteurs japonais et japonisants -- ce fameux d&eacute;but de l'essai de Kamo-no-Ch&ocirc;mei (1155-1216), <CITE>Les Notes de l'Ermitage (H&ocirc;j&ocirc;ki)</CITE> :</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <BLOCKQUOTE>
      <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>Les cours de la rivi&egrave;re qui va jamais ne tarit, et pourtant ce n'est jamais la m&ecirc;me eau. L'&eacute;cume qui flotte sur les eaux dormantes tant&ocirc;t se dissout, tant&ocirc;t se reforme, et il n'est d'exemple que longtemps elle ait dure. Pareillement advient-il des hommes et des demeures qui sont en ce monde.</CITE></STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">11</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE></CITE></STRONG></FONT></P>
      </BLOCKQUOTE>
    <P>&nbsp;</P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>Ici les "cours de la rivi&egrave;re qui va" sont oppos&eacute;s au changement perp&eacute;tuel de l'eau, des hommes et des demeures. Et c'est autour de cette probl&eacute;matique des "cours de la rivi&egrave;re" qui ne changent pas, autrement dit, la probl&eacute;matique de l'immuabilit&eacute;, voire de l'immortalit&eacute;, que tourne la recherche artistique de Bash&ocirc;.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Qu'est-ce qui ne change pas dans cet univers? Telle aurait &eacute;t&eacute; la question que Bash&ocirc; s'est pos&eacute;e en chemin. Yourcenar dit &agrave; propos de Bash&ocirc;:&quot;[U]n po&egrave;te si &agrave; l'aise dans l'instantan&eacute; ne peut que tenir compte de ces millions d'instants d&eacute;j&agrave; v&eacute;cus et qui restent pr&eacute;sents tant qu'un souvenir ou un effet en subsiste.&quot;</STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">12</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG> En effet, la sensibilit&eacute; &agrave; l'instant et &agrave; sa beaut&eacute; refl&eacute;tait toujours chez Bash&ocirc; sa conscience sur la question de mortalit&eacute; et d'immortalit&eacute;.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Citons comme exemple l'un de ses ha&iuml;ku, intitul&eacute; &quot;Chant&eacute; sur le Cheval&quot;, auquel Yourcenar fait r&eacute;f&eacute;rence dans son article:</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <BLOCKQUOTE>
      <BLOCKQUOTE>
        <BLOCKQUOTE>
          <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>Du bord du chemin      </CITE></STRONG></FONT></P>
          <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>l'hibiscus par le cheval</CITE></STRONG></FONT></P>
          <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>s'est laiss&eacute; brouter</CITE></STRONG></FONT></P>
          </BLOCKQUOTE>
        </BLOCKQUOTE>
      </BLOCKQUOTE>
    <P>&nbsp;</P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>Le po&egrave;te est sur son cheval; tout &agrave; coup, le cheval aper&ccedil;oit une fleur au bord du chemin, et il la d&eacute;vore; surpris par le geste brusque de son cheval, le po&egrave;te, lui aussi, aper&ccedil;oit la fleur et sa beaut&eacute; &agrave; l'instant m&ecirc;me de sa disparition.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Ou ce ha&iuml;ku que Yourcenar cite &agrave; la fin de son article, dans sa propre traduction:</STRONG></FONT></P>
    <P>&nbsp;</P>
    <BLOCKQUOTE>
      <BLOCKQUOTE>
        <BLOCKQUOTE>
          <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>Sa mort prochaine</CITE></STRONG></FONT></P>
          <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>Rien ne la fait pr&eacute;voir</CITE></STRONG></FONT></P>
          <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>Dans le chant de la cigale </CITE></STRONG></FONT></P>
          </BLOCKQUOTE>
        </BLOCKQUOTE>
      </BLOCKQUOTE>
    <P>&nbsp;</P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>Le chant de la cigale est d'autant plus beau et joyeux que je sais qu'il ne durera pas pour toujours. Dans les deux ha&iuml;ku, l'attention &agrave; l'instant de la vie de l'hibiscus ou de la cigale appara&icirc;t avec la reconnaissance de l'instantan&eacute;it&eacute; de la vie elle-m&ecirc;me.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Citons ce ha&iuml;ku qui est incontestablement le plus c&eacute;l&egrave;bre de Bash&ocirc;: </STRONG></FONT></P>
    <P>&nbsp;</P>
    <BLOCKQUOTE>
      <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>Une vielle mare --      Une raine en vol plongeant      et l'eau en rumeur</CITE></STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">13</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>  </CITE></STRONG></FONT></P>
      </BLOCKQUOTE>
    <P>&nbsp;</P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>Ici se manifestent &agrave; la fois la coexistence et l'opposition entre l'&eacute;ternel (l'immuabilit&eacute; de la vieille mare) et l'instantan&eacute; (le "ploff!" de la grenouille). La vie de la grenouille montre sa beaut&eacute; &eacute;ph&eacute;m&egrave;re dans son opposition m&ecirc;me &agrave; l'immuabilit&eacute; de la vieille mare. Et c'est en apercevant cette beaut&eacute; de la vie instantan&eacute;e de la grenouille que le po&egrave;te s'aper&ccedil;oit de l'immuabilit&eacute;, voire l'existence immortelle, de la vieille mare, qui pourtant se brise avec le "ploff!". Ainsi l'instant r&eacute;v&egrave;le au po&egrave;te l'&eacute;ternit&eacute;, mais de mani&egrave;re contradictoire, sous forme de sa disparition, comme quelque chose impossible &agrave; atteindre. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Nous revenons ici &agrave; la notion de prison et d'exil, cette fois en tant que m&eacute;taphore du temps. Tous les mortels sont prisonniers du temps. Qu'ils soient dans la cellule ou en exil, ils sont enferm&eacute;s dans leur vie mortelle et instantan&eacute;e. A jamais ils sont exclus du royaume de l'&eacute;ternit&eacute; et exil&eacute;s dans le temps. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Yourcenar a connu sa d&eacute;ception dans le nord du Japon, quand elle a vu la distance qui s&eacute;pare l'&eacute;poque de Bash&ocirc; du Japon moderne:</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <BLOCKQUOTE>
      <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>Pour suivre le p&egrave;lerinage de Bash&ocirc; dans la campagne japonaise, il faut &eacute;liminer en esprit l'autoroute moderne qui coupe en deux les paysages d'autrefois, supprimer les grandes villes industrielles sur l'emplacement des rustiques barri&egrave;res que peignit Hiroshige, et d&eacute;cupler ou centupler le temps par son p&egrave;lerinage.</CITE></STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">14</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG></STRONG></FONT></P>
      </BLOCKQUOTE>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>Bash&ocirc; a connu la m&ecirc;me d&eacute;ception. Sur l'ancien champ de bataille &agrave; Hiraizumi, il pleure &agrave; la pens&eacute;e du sort des guerriers m&eacute;di&eacute;vaux et du temps qui a tout emport&eacute; avec lui. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <BLOCKQUOTE>
      <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>Ainsi donc, l'&eacute;lite des vassaux fid&egrave;les dans ce ch&acirc;teau s'&eacute;tait retranch&eacute;e; mais le bruit de leurs exploits n'eut qu'un temps, et les herbes couvrent leurs traces. "L'&Eacute;tat d&eacute;truit, il reste monts et fleuves; sur les ruines du ch&acirc;teau, le printemps venu, l'herbe verdois", me r&eacute;citai-je et, assis sur mon chapeau, oubliant le temps qui passe, je versai des larmes.</CITE></STRONG></FONT></P>
      <BLOCKQUOTE>
        <BLOCKQUOTE>
          <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>Herbes de l'&eacute;t&eacute;</CITE></STRONG></FONT></P>
          <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>des valeureux guerriers</CITE></STRONG></FONT></P>
          <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>trace d'un songe</CITE></STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">15</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE></CITE></STRONG></FONT></P>
          </BLOCKQUOTE>
        </BLOCKQUOTE>
      </BLOCKQUOTE>
    <P>&nbsp;</P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>Devant les &quot;herbes de l'&eacute;t&eacute;&quot; qui recouvre maintenant l'ancien champ de bataille, Bash&ocirc; se r&eacute;cite le po&egrave;me de Du Fu, qui oppose la mortalit&eacute; de l'homme et des affaires humaines &agrave; l'immortalit&eacute; de la nature. Cependant le ha&iuml;ku de Bash&ocirc; lui-m&ecirc;me ne semble pas insister autant sur cette opposition. Plut&ocirc;t, il contredit ici la pens&eacute;e de Du Fu: il constate la mortalit&eacute; commune &agrave; la nature et &agrave; l'homme, tout comme Yourcenar devant l'autoroute moderne japonaise. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Avant Hiraizumi, Bash&ocirc; visite les vestiges du ch&acirc;teau Taga. Cette visite marque sans doute l'&eacute;tape la plus importante de son voyage artistique. A Taga, le po&egrave;te est impressionn&eacute; surtout par une st&egrave;le datant du huiti&egrave;me si&egrave;cle: 

   <BLOCKQUOTE>
      <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE>La st&egrave;le de Tsubo est haute d'un peu plus de six pieds, large d'un peu moins de trois pieds. En grattant la mousse, on distingue vaguement l'inscription. Elle indique la distance des fronti&egrave;res de la provence aux quatre horizons." Ce ch&acirc;teau, l'an premier de Jinki [724], noble homme Ono no Azumahito /.../ l'&eacute;tablit en ce lieu. L'an 6 de Tempy&ocirc;-h&ocirc;ji [762], noble homme &Eacute;mi no Asakari /.../ le restaura. Le premier de la douzi&egrave;me lune." Voil&agrave; ce qui est &eacute;crit. /.../ Depuis les temps anciens nombreux sont les lieux illustres qui ont inspir&eacute; les po&egrave;tes, et dont nous parle la tradition; cependant des montagnes se sont &eacute;croul&eacute;es, des rivi&egrave;res se sont form&eacute;es, des routes ont chang&eacute; de trac&eacute;, des pierres ont &eacute;t&eacute; enterr&eacute;es et sont cach&eacute;es de la terre, des arbres ont vieilli et fait place &agrave; des arbres jeunes, de sorte que, les temps &eacute;tant chang&eacute; et les &acirc;ges r&eacute;volus, les vestiges en sont toujours incertains, tandis qu'ici, un monument indiscutable de mille ans en cet instant d&eacute;voile &agrave; mes yeux l'esprit des Anciens. Vertu des p&eacute;r&eacute;grinations, joie d'avoir v&eacute;cu jusqu'&agrave; ce jour : oubliant les fatigues du voyage, j'en verse des larmes.</CITE></STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">16</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG><CITE></CITE></STRONG></FONT></P>
      </BLOCKQUOTE>
    <P>&nbsp;</P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>Bash&ocirc; comprend le tort de Du Fu; il comprend que la nature est aussi mortelle que l'&Eacute;tat et le ch&acirc;teau. En m&ecirc;me temps, il est &eacute;mu par l'inscription sur la st&egrave;le. Car il comprend l'immortalit&eacute;, sinon l'immuabilit&eacute;, des mots &eacute;crits, qui fait de ce banal tableau de pierre un "monument indiscutable de mille ans (qui) en cet instant d&eacute;voile &agrave; /ses/ yeux l'esprit des Anciens". </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    La constatation de l'immuabilit&eacute; de l'&eacute;crit permet &agrave; Bash&ocirc; de sortir de sa prison et d'entrer en contact avec d'anciens po&egrave;tes. Il comprend que c'est gr&acirc;ce &agrave; l'immuabilit&eacute; de l'&eacute;crit qu'il peut conna&icirc;tre l'existence des anciens po&egrave;tes et le fait qu'ils &eacute;crivaient comme il le fait maintenant. Ainsi, comme un effet boomerang, il parvient &agrave; se reconna&icirc;tre lui-m&ecirc;me comme leur semblable, c'est-&agrave;-dire comme un po&egrave;te-&eacute;crivain.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    Rappelons-nous ici que Yourcenar a d&eacute;montr&eacute; le m&ecirc;me parcours &agrave; travers son &eacute;criture, par exemple dans <CITE>Souvenirs Pieux</CITE>.</STRONG></FONT><FONT SIZE=4 COLOR="#0000FF">17</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG> Ce qui permet &agrave; Yourcenar de conna&icirc;tre ses ascendants qu'elle n'a jamais connus, ce sont tous ces &eacute;crits, ces livres ou ces papiers (notamment ces souvenirs pieux) qui subsistent dans le temps. &Agrave; travers ces &eacute;crits, elle reconna&icirc;t l'image de ses ascendants comme &eacute;crivains (non seulement des &eacute;crivains publi&eacute;s comme Octave Pirmez ou Zo&eacute;, mais tous ceux qui ont &eacute;crit, comme Fernande qui avait tent&eacute; d'&eacute;crire une nouvelle ou Michel suppos&eacute; &ecirc;tre l'auteur du souvenir pieux de Fernande...). Finalement, c'est dans cette image d'&eacute;crivain qu'elle affirme le rapport de parent&eacute; &agrave; ses ascendants et qu'elle s'affirme elle-m&ecirc;me comme &eacute;crivain. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    En retra&ccedil;ant <CITE>La Sente &Eacute;troite du nord du Japon</CITE>, Yourcenar a certainement reconnu son rapport de parent&eacute; avec Bash&ocirc;, le rapport li&eacute; par le m&ecirc;me geste d'&eacute;criture et par le m&ecirc;me amour pour l'&eacute;criture qui permet &agrave; l'homme de sortir de sa terre d'exil qui est la vie et de surpasser le temps et l'espace. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>    En guise de conclusion, je voudrais citer le titre d'un roman de Kazuo Ishiguro, &eacute;crivain anglais d'origine japonaise, qui a fait son &eacute;tude en ces lieux, &agrave; Kent University: <CITE>An artist of the floating world</CITE>. Et c'est en pluralisant ce titre comme <CITE>Artists of the floating world</CITE> que je voudrais rendre hommage &agrave; l'heureuse sympathie entre nos deux artistes, Yourcenar et Bash&ocirc;, qui se sont rencontr&eacute;s sur la m&ecirc;me route, la m&ecirc;me sente &eacute;troite, qui m&egrave;nent vers la r&eacute;gion immuable qu'on appelle l'Art...</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>&nbsp;</STRONG></FONT></P>
    <HR><BLOCKQUOTE>
      <P ALIGN=CENTER><FONT COLOR="#0000FF" SIZE=4><B>NOTES</B></FONT></P>
      </BLOCKQUOTE>
    <P>&nbsp;</P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>* Je remercie Monsieur Tsutomu Iwasaki pour ses renseignements et ses souvenirs sur Yourcenar. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>1. Contrairement &agrave; l'information courante, la nouvelle a &eacute;t&eacute; publi&eacute;e, sous le m&ecirc;me titre, dans <CITE>Revue de Paris</CITE>, t. 4 (15 ao&ucirc;t) 1937, pp.845-854. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>2. <CITE>Oku no hosomichi</CITE> en japonais. Pour le voyage au Japon de Yourcenar, voir: Tsutomu IWASAKI, "S&eacute;jour au Japon de Marguerite Yourcenar" in <CITE>Bulletin du CIDMY</CITE>, No.8, 1996, pp.218-243. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>3. M. Yourcenar, "Basho sur la route" in <CITE>Essais et M&eacute;moires</CITE>, Gallimmard, Pl&eacute;iade, pp.599-608. Dans <CITE>Le Tour de la Prison</CITE> (&eacute;d. 1991), le nom du po&egrave;te est orthographi&eacute; comme &quot;Basho&quot;, non comme &quot;Bash&ocirc;&quot;. Selon l'usage de la transcription du japonais en fran&ccedil;ais, c'est ce dernier que nous optons dans cette &eacute;tude.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>4. Les notes dans <CITE>Le Tour de la prison</CITE> (Gallimard 1991) n'indique qu'un seul livre: <CITE>Anthology of Japanese Literature from the earliest era to the mid-nineteeth century</CITE>, &eacute;dit&eacute;e par Donald Keene, Charles E. Tuttle Company, 1955. Pourtant, chez Yourcenar, il y a plus de r&eacute;f&eacute;rences aux ha&iuml;ku qui ne sont pas pr&eacute;sent&eacute;s par D. Keene.</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>5. Bash&ocirc; Matsuo, <CITE>La sente &eacute;troite du bout-du-monde</CITE> in <CITE>Journaux de Voyage,</CITE> P.O.F., 1976, pp.69-99: p.70. </STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>6. Murasaki-shikibu, <CITE>Le Dit du Genji</CITE>, 2 vol., P.O.F., 1988: vol.1, p.250</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>7. id., vol.1, p.260</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>8. Cit&eacute;s par Shuichi Kato, in <CITE>Histoire de la Litt&eacute;rature Japonaise</CITE>, t. 2, Fayard, 1986. p.119</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>9. Yourcenar, op. cit., p.693</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>10. Traduit par Yourcenar in "Basho sur la route"
   <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>11. Kamo-no-Ch&ocirc;me&iuml;, <CITE>Les Notes de l'Ermitage</CITE>, P.O.F: p.17</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>12. Yourcenar, op.cit., p.600</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>13. trad. Etiemble in "Quelques mots sur les mythes europ&eacute;ens du ha&iuml;ka&iuml;-haiku" in <CITE>Corps &eacute;crit</CITE>, no 17, P.U.F., 1986, pp.49-56: p.55</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>14. Yourcenar, op. cit, p.699</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>15. Bash&ocirc;, op. cit., p.83</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>16. Ibid., p.80</STRONG></FONT></P>
    <P><FONT COLOR="#000000" SIZE=4><STRONG>17. Cf. Osamu Hayashi, "Autobiographie et Roman Familial: &Agrave; propos des <CITE>Souvenirs Pieux</CITE> de Marguerite Yourcenar"  in <CITE>&Eacute;tudes de Langue et Litt&eacute;rature Fran&ccedil;aises</CITE>, No 72, Hakusuisha, Tokyo, 1998</STRONG></FONT></P><HR>


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